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Un monstre a posé ses valises chez moi

Bancal. C'est ce que je suis. Tout comme la table sur laquelle j'écris. Tordue. Mon âme l'est aussi. Parfois. Mais là c'est le corps qui crie et me mâchonne-le dos, façon tenaille. Mes vertèbres sont devenues les mâchoires d'un étau qui ridiculise mes disques. Le pire, c'est que c'est moi, consciemment ou non, qui décide de tourner la manivelle. Et pour le coup, ce ne sont pas mes maux qui sont trop lourds à porter. Non. Si j'en ai plein le dos en ce moment, c'est physique. En un mot: déménagement. Indissociable il est vrai de speed, stress, inconnu. Je sais où je vais mais je me le demande encore. En tous les cas, ce qui est sûr, c'est que j'y vais avec beaucoup trop d'affaires. Que dis-je... de bordel. J'ai un monstre dans mes cartons. Ma valise. Ou plus exactement, les cartons SONT le monstre. À force ne passer du temps avec lui, il ne me fait plus peur, et il en est même d'une amicalité rassurante, de celles qui vous font croire que vous n'êtes pas seul. Ou pas totalement. Aussi sournoisement qu'une clope, il grandit là, devant et avec nous, comme notre propre cancer. Un jour, en passant peut-être par la salle de bain ou le grenier, il nous étouffera, nous noiera sous sa bonne volonté mielleuse, collante et visqueuse comme un tentacule, insinueuse, empiétant notre intérieur... Un monstre a posé ses valises chez moi.140701M

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Same same but… different