Back to top

Le doigt de la mort - Vie et mort ou les frangins siamois

Comme un air d’épilogue…

Je ne pensais pas me remettre de sitôt en face de cette vieille Olympia … Mais bon … finalement j’aime bien. Écrire me manque. Déjà parce que au bout d’un an, je continue à travailler mon inspiration et à créer des probables “notes”, dans ma tête. Et puis c’est comme libérateur. Et en plus un coup de scan, et hop, c’est dans la boiboite… celle avec une pomme dessus.

Bref, comme une espèce de postface ou je ne sais quoi, quelques impressions en vrac [ du fait de m'être rasé ] : j’ai l’air à la rois plus jeune, plus vieux, plus maigre, moins nounours /// bizarre, la sensation d’une serviette sur la peau du visage, et même de l’eau en buvant au robinet /// c’est cool d’être sec en deux deux après la douche /// j’ai comme une sorte de sasabudi blues, vous savez, le truc qui vous fout le cafard, parce que vous l’avez tellement espéré, que quand il arrive, ben on est tout déçu de plus savoir quoi foutre … /// Et pourtant, c’est pas fini … /// pouvoir se mettre un coton tige dans les oreilles ou des boules quies sans se battre avec des cheveux-poils ///

8 oct. [ 2013 ] /// J+18 /// Sasabudi me manque. Cruellement. Pas tant en fait la prise de notes par elle-même, fut-elle libératrice, mais aussi parce que je me suis plongé du coup dans autre chose: l’ordi… Et merde. Me revoilà aux prises avec cette hydre tentaculaire qu’est le numérique: tu lui coupes un écran, un autre revient aussitôt : soit une autre tête, soit celle que tu avais coupée si prodigieusement, est reviendue d’entre les mortes et a déjà repoussé. Et c’est donc avec joie que je me force à forniquer avec l’hydre seulement le matin, et la délaisser l’après-midi pour la planche à dessin, beaucoup plus libératrice, couchant mes maux sur le papier en étalant notes sasabudiques et encre noircie par désespoir : je cause, je m’étale, je m’installe… ouf, ça va mieux !

1 nov. /// J+ 42 /// Nom de dieu, ça me fait tout bizarre de ré-écrire. Je suis tout chose, entre nostalgie et mélancolie. Cette feuille est à présent un peu chiffonnée car j’ai trimbalée la bécane au vernissage chez Armixt. Du coup, je ne me serai pas coupé les cheveux barbe en direct, comme prévu, pas plus que j’aurai fait ma performance dessin in live. D’un autre coté, entre la vidéo et les dessins au mur, que dis-je, aux murs ! Ça devait déjà bien suffire tellement que les murs sont crépis de dessins, comme un monstre fresqual qui grandit de jour en jour. Puisque ça y est, je me suis enfin remis à refaire du sasabudi ; comprenez, rattraper mon retard sur les illustrations. Là je suis encore en mai … Et c’est clair que mes dessins n’ont plus trop rien à voir avec ce que j’aurais pu imaginer en mai: plus complexe, au pinceau dans un style mixé Burns / Mœbius au lieu d’être à la plume mœbiusienne… Bref, petit décalage qui fait lui-même partie du projet finalement… Et du coup, trace de l’évolution de mon style. Quel chemin, je dois bien l’avouer, parcouru en 365 jours ! et encore, c’est pas fini ! Donc à la question “comment être un bon illustrateur ? Comment progresser ?” Je réponds sans hésitation “Ben en forgeant pardi !” Je veux dire en dessinant ! Tous les jours. Jour après jour etc … M’étonne pas que Larcenet en soit arrivé à ce niveau de compétences avec l’encre. Et les Blast, avec chaque case vécu comme une illustration seule a du le faire décoller. Comme on voit toujours une différence entre le premier et le dernier album, au niveau du style d’un dessinateur qui a su se trouver en route et embrasser ses personnages et son décor, bref, son univers, au fur et à mesure de l’histoire. Parfois même il y a un changement radical de technique, comme une leçon en essai-erreur-essai, car le style précédent était trop long, pas assez précis ou autre, en un mot, pas assez adapté. Et c’est bien de cela qu’on parle, de l’adaptation, l’évolution de style au travers des âges, de notre âge. Maintenant, pour un dessin correct, j’ai du mal en dessous du format A3. Alors que sasabudi a commencé en A5. Le pire, c’est que ça me prends pas forcément énormément plus de temps. Je suis plus rapide, marque d’une plus grande confiance en moi, de moindre croquis au crayon, davantage de partie faite sur le vif, de détails ajoutés au fur et à mesure, genre “Ah tiens, et si je rajoutais ça là ou si je lui mettais un collier, une barrette dans les cheveux, etc … ” Encore loin de la vrai spontanéité dépouillée du style des peintures zen que j’étudie encore, j’ai quand même réussi à me décoincer un peu, à prendre confiance en moi. Ma tête est claire et non plus embrouillée, et surtout, je fais ce que je veux ou du moins ce qui sort, au moment T, comme si je laissais libre cours à autre chose que le mental, comme à une espèce d’instinct, de spontanéité effectivement, à laquelle j’ai gracieusement (et difficilement je dois dire) ouvert la porte.

8 nov. /// l’inconnu… d’avant. ou le nouvel inconnu /// en fait je dis cela pour ceux et/ou celles qui ne me connaissent que depuis peu et qui, du coup, ne m’ont connu que barbu. Alors je me demande si ça ne fait même pas plus bizarre peur eux que pour ceux qui me connaissaient d’avant, avec des cheveux, et pas de barbe, ou seulement celle qui gratte. Et ça me fait penser qu’une des questions que l’on me posait le plus était “ça doit gratter, non ?” Un peu comme si le fait de se laisser pousser la barbe incluait aussi le fait d’arrêter de se laver. Mais non. pas du tout. C’est même plutôt l’inverse : après avoir passé le cap repousse du poil sous la peau, puis le cap repiquage de poil sur la peau, et enfin le cap bout de poil usé, ben non, ça gratte pas, pas plus que ça tient chaud d’ailleurs. Même une tignasse noire au soleil doit sans doute davantage protéger que pas de cheveux du tout, offrant une couverture de surface remplie d’air… l’humain est pas si mal fait, enfin bon, hormis son cerveau démesuré j’veux dire.

11 nov. /// news /// les nouveautés pointent leur bout de nez: je me rase la barbe (si petite soit-elle) à blanc. Ça fait plus de 13 mois que je ne l’avais pas fait, et c’est très bizarre … Je me rappelle que j’avais même acheté des lames gilette pour passer à des vrais rasoir plus écolo et moins cher. De même, en faisant le J229 (en rattrapant mon retard des illustrations donc), je m’aperçois que j’ai de plus en plus de mal à faire des dessins sur des formats plus petits que A3, qui, de fait, est devenu un format standard pour moi, ici et maintenant, alors qu’il y a plus d’un an, le projet tapait dans les A5. Le pire ? C’est que je mets moins de temps à le faire que les A5 du début … Décidément, un an de discipline m’auront beaucoup apporté, et ce n’est pas fini en plus … Du coup, le J229, et bien d’autres qui le rejoindront, sont biaisés et ne correspondent pas au dessin que j’aurais du (pu) faire le jour J. Format différent, technique différente, signature différente (tampon rouge), et donc composition et parfois même sujets ou comportements des sujets (j’en parle comme s’ils étaient vivants maintenant - tiens, ça aussi c’est nouveau) différents. Même si les images imaginées à l’époque sont restées ancrées dans un coin circonvolutionnel, elles sont au final radicalement différentes. Sans doute plus intéressantes, encore que, mais en tous les cas brisant la chronologie de l’évolution graphique … C’est peut-être un peu dommage, même si des fois j’aurais tendance à m’en foutre. De même, cette partie pourrait presque passer en édito … Et merde, j’ai pas le cul sorti des ronces … En tous les cas, ce J.229 est influencé dans sa technique par la peinture japonaise … sinon, que viendrait foutre là ce semblant de bambou ?? What’s the f… ?

[ passage manuscrit]

2015.12.05 22H10 Atelier Aquarium. Toulouse

Ah Ah, curieuses derniers mots ci-dessus (“si ça se trouve, demain, vous êtes morts”, lire le billet J364 l'impermanence sasaboudique). Après l’annonce de la mort d’un pote il y a quelques heures, ces mots ont un drôle de goût dans la bouche. Comme un petit goût de présent mélangé à un peu de passé nostalgique. Et la MORT, en ce moment, elle semble rôder partout. Surtout cette année 2015. Charlie Hebdo. Coyotte, les attentats de Paris (bis) etc. MAIS BON ! Ça fait après tout un bail qu’elle rôde sur nos écrans de TV et (RE) après tout, elle rôde à nos cotés à partir du moment où nous sommes nés = où nous sommes vivants. Soit, la mort = la vie. CQFD. Indissociable, jumelles pour ainsi dire. L’une s’accapare parfois la première place, les devants de la scène, mais ça ne dure jamais qu’un temps: l’impermanence rôde. Clap de fin ! Changement de rôle et Hop ! On bouffe les pissenlits par la racine. Eh bien je vous le (RE) dis: VIVEZ BORDEL ! Et puis MOURREZ ! Mais ne regrettez pas alors votre vie nom de Dieu ! Démerdez-vous pour ne rien regretter ! Au diable l’Avarice ! Envoyez bouler votre patron s’il le faut, Démissionnez, Vivez dans la rue s’il le faut, mais allez donc au bout de vos rêvez, de vos envies (enfin au moins celles qui sont “louables” et positives”) et faites lui un gros doigt, à la mort, en attendant de la (re)croiser. Car ça arrivera. Eh oui...

Same same but… different

up

Laisser un commentaire…