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Lettres - William S. Burroughs

Je viens de finir le livre "Lettres" de William Seward Burroughs, et je l'ai littéralement dévoré ! Ce livre est génial, à plus d'un titre…

Une plongée dans l'intimité de William Burroughs et de la Beat generation

Tout d'abord je suis un fan de Burroughs. Dans sa totalité, avec ses penchants de mauvais garçon héroïnomane et pédéraste etc. En lisant les lettres qu'il écrivait à Allen Ginsberg et Jack Kerouac, c'est donc dans son intimité mais aussi dans son cerveau que nous pénétrons, et par là dans l'intimité des écrivains de la Beat generation. C'est vraiment une autre époque, et on traverse la vie de Will. Burroughs, ses déboires, sa désillusion du Mexique (notamment après qu'il ait tué par accident sa femme Joan), ses voyages à Tanger, aux Pays-bas et finalement en France et à Londres. Déjà rien que ça, ce voyage perpétuel, ça me fait rêver. Bon, OK, on y apprend aussi qu'il en a marre au bout d'un moment de trimbaler ses valises (je me demande d'ailleurs combien il en avait), de devoir vendre puis retrouver une machine à écrire (pour payer sa drogue le plus souvent)…

L'acte d'écrire

Bref, on se mets à sa place en lisant ce livre, et on comprend ainsi mieux toute sa vie et ses créations, les déboires également avec les éditeurs, les difficultés à se faire éditer, les corrections etc…

A un moment, Burroughs écrit à Ginsberg qu'au final, le roman, c'est peut-être les lettres qu'il est en train de lui écrire, lui priant du coup de les garder précieusement. Par la suite, on voit qu'il se laisse un peu aller à l'écriture de partie de roman directement dans les letters, des parties qui seront reprises dans Les Lettres du Yage et dans Le festin nu. On comprend alors comment s'écrit un bouquin… enfin, commentBurroughs écrit un bouquin : par bribes, sous effets de drogues diverses et variées ou en étant totalement "clean" (seule une période après une cure à l'apomorphine du Dr. John Dent à Londres semble l'avoir laissé clean pour quelques mois). On comprend l'influence qu'a sa propre vie, et ses péripéties dues à son coté junky et homosexuel, comment les pays qu'ils traversent l'inspirent et posent un contexte à travers leurs cultures, leurs habitants, le climat, la facilité ou non de trouver de la dope ou des "garçons"…

William Burroughs, le chamane

Dans une interview ("William BURROUGHS – Un siècle d'écrivains : 1914-1997"), Burroughs disait qu'il n'y a pas de génie :

L'écrivain est sûrement une antenne qui s'accorde sur certains courants. Il n'est pas un génie. Il ne possède pas de génie. Il est possédé par le génie.

 

Documentaire William BURROUGHS – Un siècle d'écrivains : 1914-1997

C'est tout à fait la définition de Moebius qui disait se mettre en transe légère et dessinait alors en mode connecté quand il était dans la peau de Moebius, sans savoir souvent comment allait finir son dessin.

Quand on comprend qu'il a été toute sa vie ou presque sous l'effet de drogues, que ce soit de l'héroïne ou ses dérivés et substitutifs, qu'il est allé à la recherche du Yage (lire Les Lettres du Yage), autrement dit l'Ayahuasca, et ce dans les années 50, il est plus que probable que Burroughs ait été "connecté" à un génie ou à d'autres mondes plus qu'il ne l'aurait voulu lui-même, tant on comprend à travers ses lettres que la dope l'épuise et qu'il voudrait si souvent "ne plus rien avoir affaire avec la came".

Bien sûr, William B. n'était pas un chamane dans le sens guérisseur du terme, mais dans le sens voyageur chamanique, connexion avec les esprits ou le génie, appelez ça comme vous voulez.

Lettres : le pitch

Cette correspondance de Burroughs suit les grandes étapes de la relation unique qu'il entretenait avec Allen Ginsberg. Elle révèle la compréhension progressive de la vraie nature de son travail : son évolution inouïe de la narration à l'anti-narration, de Junky au Festin nu, en passant par la découverte du cut-up. Elles le dévoilent autant lui-même que ses amis Kerouac, Cassady ou encore Ginsberg composant Howl. Burroughs se révèle aussi prolifique dans la critique de la situation politique de son temps que de ses propres futurs biographes. C'est pourtant bien parce qu'il vit son art que ces lettres sont si exceptionnelles. " Peut-être que le véritable roman, c'est ces lettres que je t'écris ", confessait-il à Ginsberg. Point de repère pour le Burroughs paria, work-in-progress pour le Burroughs écrivain, ces lettres nous permettent d'expérimenter une fusion unique entre la vie et les lettres, l'extraordinaire histoire vraie de cet écrivain hors du commun.

En pratique :

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avec Stéphane Bouillet

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