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Estampe japonaise : l'impression

NB: au survol des images, des précisions sont disponibles

Application du mélange eau-encre-colle

  • eau / encre / colle : on ajuste ce trio (séparement, directement sur la planche gravée: eau, puis encre, puis colle de riz) en fonction du résultat. Plus on avance, moins on en mets. Ne pas hésiter à mettre beaucoup d'eau au début, d'encre et de colle. J'ai eu longtemps du mal à doser la colle: elle apporte une brillance et une texture gluante au mélange. C'est cela qu'il faut avoir à l'œil: notament en regardant en lumière rasante la planche: elle brille assez ? pas assez ? trop ?
  • ​pour avoir des aplats vraiment unicolores du bleu des arbres par exemple, il faut mettre un peu plus de colle, et appliquer une pression au baren plus forte (personnellement, avec les deux mains parfois, ce qui ne doit pas être très traditionnel...), ce qui élimine les traces de bois ou les zones plus claires
  • les premiers essais lors d'une impression (même d'un bloc ayant déjà été imprimé) se font sur des journaux par ex. car ces impressions ne sont pas bonnes: le bloc n'est pas en bonne condition encore. Il faut le "chauffer"
  • brossage : répartition en mouvement circulaire du trio colle/eau/encre, puis en mouvement droits, dans un sens, puis dans un autre (angle 90°), afin de finir de répartir, mais aussi d'éviter les agglomérats de mélange. Si on a un trop plein de mélange en haut à droite, on peut donner des coups de brosse successive vers la gauche et le bas par exemple
  • répartition: regarder le reflet, et envoyer l'excédent vers là où ça ne brille pas = où il manque du mélange

Impression

  • Appliquer la feuille = on la tient entre l'index et le majeur, à peu près en face des encoches de calage et on la laisse se poser du début à la fin
  • appliqer le baren, avec une feuille de papier sulfurisé entre la feuile à imprimer et le baren, de manière à ne pas souiller le baren, glisser plus facilement
  • on peut passer le baren sur sa peau (du visage en général) ou ses cheveux pour aller prendre un peu de gras superficiel et qui aide au glissement du baren (surtout si l'on n'utilise pas de feuille de papier sulfurisé. Certains imprimeurs utilisent un chiffon avec un peu d'huile ou de corps gras.
  • NB: plus les détails des lignes sont fins, moins on appuie avec le baren, pour ne pas casser des morceaux de bois (genre une seule ligne de contour fine)
  • décoller en tirant sur deux cotés en même temps
  • au final, n met les estampes terminées entre des feuilles cartonées (sans journal, pour ne pas imprimer le journal !) avec beaucoup, beaucoup de poids, et on laisse sécher quelques jours
  • on peut laver ou pas les blocs en fin d'impression:
    • si on ne pense pas changer de couleur pour la prochaine impression, on peut laisser sécher comme ça, utilisant même la couleur restantes pour vérifier la concordance de couleur avec notre prochain mélange de couleur = on humidifie avec le doigt le bloc et on frotte un papier blanc = la couleur à fabriquer
    • si on risque de changer la couleur, ou si on stock trop longtemps les blocs (qui plus est si c'est dans un endroit un peu humide, ce qui ne devrait pas, mais bon), on les nettoie à l'eau ± savon, ce qui évitera de mettre une ancienne couleur sur de nouvelles estampes, et évitera aussi le développement de moisissures

Voilà. Je pense que je compléterai tous ces billets de blog prochainement !

Merci à mon maitre graveur Soichi Kitamura, ou plutôt, en japonais, Kitamura Soichi !

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Same same but… different