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Peinture japonaise

Peinture japonaise: encre de chine

Peinture japonaise • Matériel = les quatre trésors: pinceau chinois, encre de Chine en bâton, papier japonais et pierre à encre

Essai de peinture chinoise ou japonaise sur du papier chinois Tofu (32gr/m2), uniquement avec de l'encre de Chine en bâton. Ce papier est vraiment très fin et il est davantage destiné aux essais, mais est suffisant cela dit. En général, on colle la même feuille de papier au verso de l’œuvre terminée, afin de compenser le gondolement du papier (cette étape n'a pas encore été faite sur les photos).

Les quatre trésors

Les pinceaux chinois

Ils sont assez spécifiques, notamment par leur classement: on les classe par taille (petit, moyen, grand) et par dureté (souple en poil de chèvre, mi-dur en poil mixte, dur en poil de blaireau/lapin/cheval/porc/daim). Ainsi il est bon d'avoir un pinceau de chaque (soit 9 au total), mais on peut très bien des mi-dur dans les trois tailles, ou prendre un pinceau adapté au peinture que l'on va faire. pour ma part, j'ai un peu de tout, ce qui permet d'essayer et de voir ce qui correspond le mieux à son style, tout en n'étant pas limité.
Autre particularités: les pinceaux chinois ont une petite languette au bout pour les suspendre et les laisser sécher sur un porte pinceau, pointe en bas; ils ont généralement une grande rétention d'encre ou de peinture, ont des manches en bambou, doivent être nettoyés avant leur première utilisation car ils sont enduits d'amidon ou de blanc d'oeuf ...

L'encre de Chine

Elle a la particularité de bien tenir dans le temps (certaines peintures sur soie ont plus de 1500 ans) et d'être indélébile une fois sèche, même si l'on passe de l'eau. On utilise traditionnellement une encre de Chine en bâton. Pour rappel, c'est la seule vraie encre de Chine, les encres liquides étant parfois plus proches de la peinture qu'autre chose, malgré qu'on en trouve de très bonnes. Cela dit, pas d'odeur de pin, ni de temps de réflexion lors du frottage du bâton avec les encres liquides...
Comme je le disais dans un précédent billet:

L'encre en bâton provient de la suie ou noir de fumée (issu de la combustion de pin en général) et de gomme laque ou colle. L'encre est le deuxième des quatre trésors du lettré, après le pinceau, et avant le papier et la pierre à encre. Il faut en effet diluer l'encre sous forme de bâtonnet en encre liquide, en la frottant dans la pierre à encre, en général en formant des ronds, à plat, dans le sens des aiguilles d'une montre. Bon. Ça c'est la théorie. Pour la pratique, ben j'ai pris ma claque: le bâton le moins cher semble bien pourri et il faut frotter des heures pour avoir un truc gris (bon je vais quand même ré-essayer plus tard mais bon...). Heureusement, avec d'autres bâtons (plus cher et donc de meilleur qualité, ou plus tendre), ça va plus vite et on obtient un noir plus intense. Cela dit, et c'est pas faux, "frotter le bâton d'encre sur la pierre à encre est un rituel important qui donne à l'artiste le temps de concentrer ses pensées sur l’œuvre à peindre, et d'atteindre un certain degré de calme et de sérénité... enfin pour peu qu'on s'endorme pas. (non mais sans déconner, j'ai l'impression que cette encre traditionnelle apporte un plus, comme le vrai papier en coton par rapport au papier en bois... difficilement explicable...)

Le papier japonais

Bon là ça se complique. Je vous renvoie directement à ce billet de blog, en précisant qu'il en existe de multiples, et que c'est un papier paradoxal: à la fois très fin, mais très résistant, assez absorbant mais se déformant finalement assez peu. Enfin bref, on aime ou pas; personnellement j'adore les possibilités qu'offre ce type de papier (voir le ce billet de blog)

La pierre à encre

On trouve encore assez facilement des pierres à encre basique (souvent dite d'étudiant, donc pas trop grosse pour faciliter le transport), mais pour en trouver des bonnes, plus larges et de meilleure qualité (les Duan ou les She entre autres), ça se corse rapidement, tant au niveau du nombre de vendeurs que du prix. Voir ce billet pour plus d'infos et une vidéo de leur fabrication.

Peinture japonaise: les étapes

  1. préparer sa table de travail et répartir les éléments. Éviter le chaos, qui nuirait à la concentration et à un esprit zen et serein
  2. diluer l'encre en la frottant sur la pierre à encre: cette étape permet de se concentrer sur le dessin que l'on va effectuer tout en plongeant dans une odeur d'encre fraîche
  3. peindre: là c'est votre style qui va dicter et faire voyager votre pinceau, mais gardez à l'esprit trois particularités: d'une part, on tient le pinceau assez verticalement, mais on peut appliquer avec le pinceau divers types de touches: touches pleines (verticales, noires), des touches étalées (mouvement latéral d'un pinceau penché: un coté bien noire et précis, un coté un peu dilué), des touches en pointillées (cf le sol de La méditation du panda) et des touches en volutes (poser + tourner sur lui-même un pinceau assez sec / cf barbe de L'esprit tentaculaire). D'autre part, on peut appliquer l'encre sur un papier sec ou mouillé, de même que l'on peut ajouter de l'eau (rapidement) pour diluer les bords d'un trait. Enfin, on peut diluer l'encre de Chine afin de faire autant de nuances de gris que l'on souhaite, et là, c'est vrai que les godets en porcelaine, ou la marguerite, sont tout simplement géniaux.
  4. Ne pas hésiter à laisser sécher une partie pour revenir dessus ensuite
  5. Une fois terminée, la dernière étape consiste à signer l’œuvre. Traditionnellement avec un petit texte en chinois ou japonais et le sceau de votre nom. Pour ce qui est du texte, même si la calligraphie chinoise et japonaise sont une partie importante de l’œuvre, je ne vais personnellement pas me prendre la tête avec ça, parce le spectateur non initié perd la compréhension du texte et que l'on peut aussi bien calligraphier du texte français ou anglais. Et puis, j'aime bien m'inspirer de techniques, mais en les intégrant, en les digérant, en les faisant miennes.
    Pour les sceaux, j'ai carrément coupé le bloc de pierre (scie à métal, pierre assez tendre) et fait un carré, afin d'augmenter mes essais-erreurs de gravure du bloc.
  6. Voilà, l’œuvre est enfin finie, ou presque: en effet, elle est toute gondolée (si vous avez utilisé du papier japonais fin à très fin, et suivant les quantités d'encre, eau et peinture que vous avez déposées). Le remède à cela, et au fait que la papier fins soit un peu transparent, est le marouflage: on colle le même papier que celui utilisé pour la peinture, sur le verso de l’œuvre, avec de la colle de farine: chauffer une portion d'eau avec une portion de farine et remuer jusqu'à transparence.

Cinq essais

  1. Le premier dessin (autoportrait raté) est vraiment une pure découverte du papier et de ses réactions, des essais-erreurs, la principale erreur étant peut-être de travailler "comme d'habitude" (œil gauche).
  2. l'esprit tentaculaire est plus zen dans le choix du sujet et dans son exécution, puisque la première découverte papier a été faite.
  3. la traque est construit autour de la courbe du dos du chat-tigre. J'y expérimente un peu plus les nuances de gris.
  4. la méditation du panda utilise de l'encre plus concentrée (bâton d'encre frotté plus longtemps), à fort contraste donc, bien adapté au panda.
  5. savoir garder son âme d'enfant est peint avec un pinceau Raphael 8408 martre Kolinsky taille 3 (dont j'ai l'habitude), contrairement aux 4 premières peintures au pinceaux chinois traditionnels
Peinture japonaise: encre de chine
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Peinture japonaise: sceau en pierre (stéatite)
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Same same but… different

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