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Ecriture

En voyage, pour le projet sasabudi, les scénarios de BD, ou démêler du mal-être (catharsis), l'écriture, avec les images, sont la base de ma création.

Sans le génie de Steeve Jobs, Apple n'évolue plus

L'achat d'un iPad Pro II il y a moins d'un an (pour coloriser une BD) puis d'un iPhone X (pour l'appareil photo et développer ma communauté) m'ont donné envie de changer mon Macbook alu unibody Late 2008 sous Sierra. J'ai donc voulu le remplacer en testant un Mac Mini 2018 combiné à l'écran de iPad pro, puis un Makbook Pro 2018. Mais le constat est amer : en dix ans, Apple a très peu évolué et n'inove plus.

iPad pro : un bridage organisé

En testant l'iPad pro, je l'ai trouvé génial, au point de me poser la question : l’iPad Pro peut-il remplacer mon Macbook Pro ? La réponse est non : pourquoi ?

  • iOS est le facteur limitant, alors que les éléments de l'iPad pro semblent suffire. Si un de vos logiciels pro fonctionnant sur Mac n’est pas disponible sur iOS, vous êtes bloqué. Ça évolue, puisque Photoshop et Lightroom, concurrencés respectivement sur iOS par Affinity et Darkroom, a fait réagir Adobe avec l'annonce pour 2019 d'un vrai Photoshop pour IOS. Mais “Photoshop Lightroom", ou encore Lightroom cc, est très très éloigné de Lightroom Mac : aucune édition en lots.

  • Savoir si vous pouvez travailler sur l'iPad pro est simple :

    • lister vos logiciels indispensables / professionnels sous Mac

    • vérifiez leur existence dans l’App store ou sur le site éditeur

    • vérifiez régulièrement : Photoshop pour iPad sort en 2019. Suivra sans doute un vrai Lightroom pour iPad Pro, voire un InDesign.

    • vérifiez l’équivalence et les avis sur le logiciel. Par ex., Lightroom est présent mais ce n’est pas Lightroom. Clip Studio Paint est présent et quasiment identique à la version desktop

    • trouver des alternatives aux logiciels absents d’iOS (au moins le temps que les éditeurs se réveillent) : LunaFusion pour le montage vidéo, Textastic à la place de Sublime text / Cyberduck… Si certains logiciels n'ont aucune équivalence satisfaisantes, alors la réponse à la question ci-dessus est non

  • iOS est bridé par Apple, empêchant le stockage externe : même un disque dur branché sur secteur n'est pas reconnu par l’iPad Pro. Sur internet, certains créent des dossiers sur le HDD pour “faire croire que le HDD est une carte d’appareil photo”… Sans déconner ? C'est vraiment sur des produits Apple à plusieurs milliers d'euros et qui se disent “pro” qu'on est obligé de s'abaisser à ça ? Apple veut vendre son iCloud et ses autres produits et bride consciencieusement chaque produit / software. L'iPad pro n'échappe pas à la règle.

Bilan : l'iPad pro seul ne me suffit pas, notamment car j'utilise régulièrement InDesign, et que les soucis de stockage sont là : iCloud compliqué pour les gros fichiers ou si l'on travaille dans des endroits sans 4G / internet.

Mac mini 2018 + iPad pro : ni pro., ni nomade

J'ai acheté le Mac Mini 2018 (refurb : where else ?), pour tester le combo MacMini + iPadPro. Le Mac mini choisi est le basique à 760€ : cœur i3 8Go de RAM, un HDD de 128Go.

  • l'alternative IPad Pro + Mac mini : ​​​LunaDisplay (et Astropad) proposent de faire de l’iPad un second écran, ou une tablette pro reliée dans les deux cas à un ordinateur Mac, permettant d'avoir Mac et ses logiciels pros sur un écran tactile, en plus d'iOS. Le test est concluant, mais perd ne permet pas le contrôle de pression du pencil d'Apple, ni l'utilisation des haut-parleurs de l'iPad pro. C'est appréciable d'utiliser Mac sur iPad pro et de profiter d'iOS en même temps. La solution devrait venir d'Apple : sortir un iOS 13 adapté aux possibilités offertes par l'iPad pro, et d'un autre coté faire évoluer Mac OS avec un centre de contrôle similaire à celui d'iOS. Là encore Apple sépare au lieu de fusionner : le système parfait est une fusion d'iOS et Mac OS, sur du matériel fusionnant iPad pro et Macbook Pro. C'est pour quand ??
  • la connectique du Mac Mini est vraiment un plus, permettant de brancher tout mon matos :
    • en USB-A : un HDD externe et l'iPad pro
    • en USB-C : la souris ball, 1 ou 2 scanners / imprimante, l'iphone et la Lunadisplay, le tout sans hub.
  • taille et le silence : ++
  • mais l'i3 du Mac mini est lent. Par ex. l'enregistrement d'un vulgaire fichier sur Clip Studio Paint a pris 1 min sur iPad pro ≠ 4 min sur Mac mini (et 10 min sur mon macbook Late 2008). WTF ? J'apprends lors de mes recherches que plus un SSD est petit, moins il écrit vite…
  • 8 Go de mémoire vive limite Lightroom, Photoshop, et surtout InDesign, même les logiciels ont tendance à occuper le plus de mémoire vive disponible (Moniteur d'activité ne reflète pas forcément les réels besoins de ces appli.)
  • 128Go est trop court pour la suite Adobe, à moins de n'installer qu'un ou deux logiciels, et a une vitesse d'écriture moindre.
  • l'idée est donc de changer ce Mac mini pour un cœur i7256Go de stockage et upgrader manuellement à 16-32Go de RAM (dispo chez Macway…)
  • mais ce n'est pas un mac mini qu'il me faut : entre la peur de le débrancher par inadvertance et perdre un travail en cours, et le risque de surtension lors d'orage, je comprends qu'un Mac nomade m'est indispensable : débranchable à tout moment, mise en veille en rabattant simplement l'écran, moindre consommation… bref, parfait pour un nomade en camion ou en voyage (mais encore plus parfait, c'est l'iPad pro, voire seulement un iphone ou rien du tout : réussir à travailler, créer des BD sans écran…)
  • le Mac mini est très facilement renvoyé / remboursé. Merci Apple pour sa politique de retour.
  • le test de Mojave m'a donné envie d'installer Mac Mojave sur mon Macbook alu unibody late 2008 (thanks Dude), malgré les contre-indications d'Apple qui fait là clairement de l'obsolescence programmée. Tout fonctionne et les logiciels à jour sont plus fluides, même si ça souffle un peu (le cœur est dépassé). L'envie de changer ce laptop de 10 ans diminue, mais j'ai quand même envie de tester un Macbook Pro 2018…

Quel Makbook Pro choisir pour un professionnel de l'image ?

C'est compliqué de choisir un Mac portable : le Macbook air est devenu aussi cher que le premier Macbook pro, qui lui, a rattrapé le Macbook Air au niveau du poids / taille / finesse. Alors, sur quels éléments baser son choix de Macbook pour un dessinateur BD (Clip Studio Paint), graphiste (InDesign avec des pages BD à 1200 dpi / A4), photographe avec Ligthroom et Photoshop ?

  • pour la vidéo, le Macbook Pro 15" s'impose par sa carte graphique dédiée et les posibilités à 32 Go de RAM. En non portable, c'est iMac (± pro) ou Mac pro : cassez la tirelire…
  • le Macbook 12" est trop petit et limité pour travailler dans de l'image : out.
  • dans les Macbook pro, les 2018 ont des cœurs de 8e génération qui boostent jusqu'à deux fois plus en tâches multi-cœurs que ceux de 7e génération : Macbook pro 2017 et 2016 out.
  • les claviers 2018 sont de 3e génération : les claviers 2016 et 2017 ont des défauts : ils sont plus bruyants et n'aiment pas les miettes de pain qui se coincent en dessous du fameux mécanisme papillon (inventé pour diminuer l'épaisseur des Macbook), entraînant l'inactivité ou la sur-activité de certaines touches (absentes ou tapées en double ou triple : voir l'excellent article de Joanna Stn, et la vidéo associée). Le clavier 2018 a toujours des soucis, et, pour un écrivain comme moi (je tape toujours mes scénarios BD comme des nouvelles ou de courts romans), ça fait bien flipper de se dire qu'une fois sorti de la garantie 1 an ou 3 ans Apple care, on a un clavier non fiable dans le temps. Steeve Jobs doit bien flipper de là où il est.
  • bilan : choisir le 2018 et pas le 2016 - 2017 par rapport aux claviers et puissance du cœur / i5 (16Go) est suffisant par rapport au coûteux et pas justifié i7 (32Go). Problème : le 2018 a une… Touch bar.

Macbook pro 2018 : aucune RÊVEolution en dix ans…

Excité en recevant le Macbook pro 2018 (i5 - 16go - 256Go - Touch bar), j'ai vite déchanté : aucune révolution ne justifie son achat :

  • la différence de taille, poids et surtout finesse est flagrante par rapport au MB 2008, mais ce n'est qu'une simple évolution : les Macbook ont toujours été fins, sobres et légers. Et encore : Apple est être allé trop loin dans la finesse en oubliant la robustesse, comme pour les iPhone qui se pliaient dans la poche de derrière, les MBP 2016à 2018 ont des soucis de dalle et clavier. Tout ça pour ça… De plus, aucun élément n'est modifiable et donc évolutif : mon MBP 2008 est évolutif, avec son HDD data (1,5 To) + SSD système, et sa RAM passée de 2 à 8Go… En soudant les composants, Apple fait de l'obsolescence programmée.
  • le trackpad est plus grand, réactif partout, est multi-touch (gadget sous-utilisé comme le 3D touch de l'iPhone ?) bien pratique pour avoir un coup d'oeil sur un site internet dans les résultats de recherche par ex. mais sans plus et parfois gênant. Mais là encore, ce n'est qu'une évolution : rien n'est nouveau.
  • le clavier semble plus rapide que celui de mon Macbook unibody. Je fais des fautes  par manque d'habitude (d'ailleurs, faire attention de ne pas "défoncer" les touches en tapant trop fort) mais passer d'une touche à une autre est plus rapide… et bruyant : écrire sur le vieux Macbook est plus soft pour les doigts et plus silencieux.
  • écran : en mode sombre Mojave (de jour comme de nuit), il a moins de reflets et c'est appréciable :) RÊVEvolution.
  • le Macbook pro s'allume tout seul quand on l'ouvre… Bof : je préfère choisir ou non de l'allumer.$
  • touch bar : dommage que la seule réelle nouveauté… n'en soit pas une, voir ci-dessous…

Touch Bar : un gadget gênant

Les MBP 2018 sont obligatoirement équipés de la "Touch Bar".

  • ce n'est pas une révolution : la Touch bar propose des touches, comme avant, mais évolutives, en déplaçant des fonctionnalités disponibles auparavant à l'écran, vers ce mini-écran dont la définition laisse à désirer : l'œil et le doigt doivent alors faire des allers-retours entre l'écran du haut, les touches et cette Touch bar. En plus d'être inutile (pas de nouvelles fonctionnalités), c'est très gênant, en perte de temps, de concentration, d'habitudes…
  • une luminosité trop forte —qui plus est non réglable— qui accapare les yeux : la luminosité de la Touch bar est plus forte que celle de l'écran ou des touches.
  • un clignotement gênant : quand j'écris, les mots de vocabulaires affichés par la Touch bar changent et me déconcentrent encore plus. Autrement dit, comment perdre l'instant créatif du présent et s'arrêter toutes les 2 secondes sur l'orthographe. Cette Touch bar est indigne d'Apple : un gadget inutile, coûteux, déconcentrant et mal réalisé.
  • des réglages basiques compliqués : régler le son ou la luminosité est plus long que sans Touch bar : il faut trouver le bouton, taper puis glisser, ce qui n'est ni instantané, ni rapide à ré-afficher les anciens boutons. Bien sûr, je peux faire afficher les même boutons que les MBP sans Touch bar : à quoi bon payer une Touch bar gênante ?
  • les raccourcis inutiles de la Touch bar, on les trouvent en général… à l'écran, ou en raccourcis claviers. Croire que l'on va gagner du temps à les avoir directement sur une Touch bar est totalement débile : les ingénieurs ont-ils réfléchi ? Testé ? Trop fumé ?  Cette Touch bar fait perdre du temps-concentration-argent…

Cette Touch bar est LE point négatif du Macbook pro 2018. Si vous n'avez pas de logiciels gourmands, le Macbook air est une bonne option : il a la Touch ID, est paramétrable à 16Go, mais a le clavier non fiable…

Mac Mojave : un simple maquillage

Sur Mac Mini et Macbook Pro 2018, j'ai pu tester Mac Mojave. Quelles évolutions ? S'agit-il d'une RÊVolution ?

  • premier problème : l'assistant de migration est incomplet, oubliant les obligations suivantes :
    • branchement sur secteur
    • désactivation de l'économie d'énergie des deux ordinateurs (sinon bug / freeze)
    • pas de barre d'activité ou de mode ligne de commande détaillant les opérations en cours : on ne sait même pas si ça tourne ou si ça bugue à cause de la veille ou d'une limitation de la connexion…
  • le mode sombre de Mojave est pas mal du tout, pour le soir / condition de lumière faible. Il lui manquerait de switcher automatiquement entre les 2 modes suivant l'heure ou, au choix, suivant la lumière ambiante, ou d'avoir un icone dans la barre du menu pour switcher en un clic.
  • Mojave a beau être soit-disant “le système le plus évolué jamais sorti par Apple” (avec un Pages grand public…), il a encore un dashboard des années 80. C'est tellement flagrant qu'il est désactivé d'office. Alors qu'IOS a un dashboard/centre de contrôle évolués, avec minuteur, chronomètre, économie d'énergie, gestion du wifi, mode avion, données mobiles et partage de données, Airdrop, recopie / enregistrement de l'écran, alarme… Mac Mojave, aussi évolué soit-il n'a inventé que… le dark mode ?
  • Quelles nouveautés pour Mojave ? Piles est la procrastination du rangement. Le Finder montre les informations qu'il cachait avant. Coup d'œil a fusionné avec Aperçu. Capture d'écran est améliorée et grand public, et permet l'enregistrement vidéo (enfin). Continuité est compliqué et dépend trop des connexions Wifi. Facetime, Bourse, Maison, je dois avouer ne pas m'en servir. Dictaphone : enfin disponible, et Continuité est ici intéressant… enfin quand ça veut bien fonctionner (j'ai été obligé de désactiver / réactiver le partage dictaphone sur iPhone pour que Mac comprenne et se mette à jour). Safari rattrape son retard dans l'affichage des icônes des onglets.
  • au final, Photos sur le MBP 2018 n'a jamais réussi à mettre à jour les images de l'iCloud, restant bloqué indéfiniment sur un message "Mise à jour en cours…" : désemparé après plusieurs heures de recherche sur le net pour comprendre ce message, j'ai dû définitivement fermer ce Macbook Pro 2018 : direction refurb. Il se trouve que l'utilisation de la connexion wifi de mon iPhone 4G comme Wifi empêchait la mise à jour… Hein ? vraiment ?? Photos, comme Apple, ne voudrait-il pas reconnaître et afficher ses erreurs ? Bref, le Handoff / Continuité n'est pas au point. J'aurais sans doute dû passer par Airdrop.

Bilan amer donc : Mac Mojave n'est pas une révolution, Apple préférant flatter une clientèle grand public friquée en inventant un mode sombre chic, plutôt que d'améliorer la synchronisation iCloud, le dashboard dépassé, la rapidité logiciel sans la déléguer aux upgrades matériel, le support des vieux laptops, etc…

Si Steeve Jobs était là ou l'ÉCO-REVE-olution chez Apple

Les Macbook ont-ils un futur ? Si ce n'est la casse, car entre l'écran fragilisé, le clavier papillon non fiable, et l'ipad pro qui les menace, on peut en douter. Steeve Jobs persisterait-il dans cette voie sans issue, cette voie uniquement commerciale et sans rêve ?

 Sans Steeve Jobs, Apple est-il encore capable de nous faire rêver ?

  • Apple doit réparer ses erreurs :
    • PAS de touch bar : arrêter en même temps avec les fausses bonnes idées à l'avenir. Pensez Apple, pas Windows (encore que avec leur surface book…)
    • arrêter l'obsession "finesse" et donc arrêter les écrans / claviers papillons fragiles (les écrans des Macbook Pro 2016 et/ou 2017 sont fragiles au niveau de la charnière et présentent des défauts de luminosité au bout d'un moment sur le bas de l'écran) ; donc TODOLIST = un clavier fiable dans le temps (mon Macbook a 10 ans cette année : 0 souci de clavier)
    • Mac : un assistant migration digne de ce nom et qui ne va pas freezer à cause d'une… simple veille ou d'un souci de connexion…
    • gestion du stockage externe par IOS sur iPad Pro
    • plus de connectique sur IPad pro 
  • Apple doit rattraper son retard :
    • un ordinateur-tablette. Apple continue de cloisonner ses produits : le Mac mini est limité par sa carte graphique non paramétrable (pour ne pas concurrencer l'iMac / Mac pro), L'iPad pro n'a pas de connectique (pour ne pas concurrencer les Macbook), et les Macbook n'ont pas d'écrans tactiles (pour ne pas concurrencer l'iPad)… Microsoft et d'autres ont pris de l'avance sur le marché des combinés ordinateur-tablette. Apple est à la traîne. Jusque quand ?
    • Face ID : super pratique, technologie maîtrisée sur iOS… mais pas sur Mac.
    • un écran étendu au maximum : des bords noirs faisant le tour de l'écran aussi fins que ceux du Huawei
    • un dashboard actualisé et introduisant davantage du centre de contrôle d'iOS
    • des upgrades à des tarifs abordables
  •  Mais le génie de Steeve Jobs manque cruellement pour apporter une ÉCO-REVE-olution :
    • créer un matériel évolutif  composé d'éléments facilement séparables / remplaçables / compatibles : mémoire vive, stockage, écran, clavier, batterie, carte graphique. Une révolution vraiment écologiste.
    • un système OS perenne = qui fonctionne décemment sur les vieux modèles, = sans obsolescence programmée. Les patch existent. Apple doit les intégrer à Mac OS. Encore une fois, ce serait un comportement écologiste.
    • une batterie / OS révolutionnaire… La batterie prend la majorité de la place / poids et contraint la portabilité et l'espérance de vie des ordinateurs portables. Après tout, les dernières bonnes idées d'Apple sont des éléments augmentant la liberté / portabilité : les Earpods (mais sont-ils clean aux niveau des ondes émises ?) et 'iPad Pro 13". Faudrait-il un écran solaire arrière et sur le clavier ? Inventer une micro-pile ? Les deux ? Ou bien simplement ou en plus, qu'Apple utilise la meilleure énergie possible : celle qu'on utilise pas, autrement dit réduire drastiquement les besoins en énergie à la fois de l'OS ET du matériel, notamment de l'écran et du son, en gros, de la vidéo et des jeux qu'Apple se met à vendre. La Touch bar va à l'encontre de l'écologie. Les earpods, ça dépend des ondes mais le mieux, c'est de s'en passer (à cause des ondes : son en direct ou sur un pod).

Bilan : toujours plus ou le contentement du décroissant ?

L'heure du bilan a sonné et je dois bien avouer que je dois calmer mes esprits : le Macbook pro 2018 est dans l'absolu un bon ordinateur portable (mais j'imagine que celles et ceux qui se sont arrachés les cheveux après plusieurs remplacements d'un clavier qui tap sans ls lttrs eee ou bieeen lees tapeent deeux ou trois fois trop…). Et quand même, la Touch ID est super pratique (vivement la Face ID), l’écran est moins sensible au reflets, et l'objet est beau, léger, même si en le remettant dans son colis, j'ai encore pesté contre cette manie de s'allumer tout seul à peine ouvert ou à peine une touche effleurée.
Bref, Apple est cher, certes, mais a un système OS gratuit que je trouve bien supérieur à Windows.

Cela dit, j'ai été vraiment déçu du peu d'évolution réalisé en dix ans. Dix ans, c'est long. Dix ans pendant lesquels Apple a uniquement réalisé des évolutions matériel (meilleur cœur, mémoire etc.), mais aucune révolution concernant les idées (non, "on pourrait faire un mode sombre" n'est pas une révolution, surtout quand Windows et Adobe l'ont déjà fait). Mais peut-être que, comme pour les logiciels Adobe, il est difficile, après être arrivé à une certaine technicité, de faire davantage de progrès. C'est justement là que le bas blesse : je ne veux pas forcément de progrès techniques, mais des progrès dans la relation avec les produits, dans la pensée même des produits… Ce dont seul semble capable le vrai génie. Apple ayant perdu ce génie, n'est-il plus qu'une coquille vide commerciale ?? J'aimerais vraiment me tromper. Yep. Vraiment.

Bref, tout ces tests décevants auront quand même été instructifs :

  • la plus grande avancée en dix ans serait pour moi l'iPad pro (hormis le Mac pro réellement repensé pour le coup) mais qui n'est pas fini car pas professionnel : sorti trop vite avec un premier pencil honteux au niveau connectique et recharge, ne supportant ni Mac et ses logiciels, ni les stockages externes, et encore moins le combo ordinateur-tablette.
  • savoir se contenter de ce que l'on a : revenir à mon vieux Macbook Late 2008 + Mojave est suffisant, même s'il souffle souvent. Apple crée le besoin, avec son marketing, en nous faisant croire qu'il vend des produits révolutionnaires. Mais l'époque Steeve Jobs est passée, et avec lui les vraies révolutions…
  • savoir se passer des écrans : je dois sans doute être, comme beaucoup, accro à internet et aux écrans. Ne vaudrait-il pas mieux être accro à la vraie vie, physique, ici et maintenant ? Je n'aurais alors sans doute pas testé le Mac mini, ni le Macbook pro 2018, et donc pas écrit ce post de blog. Et ça n'aurait été pas plus mal.
  • suivre sa propre voie du milieu : aller vers les extrêmes (le tout ou rien), c'est facile. Utiliser les écrans / internet en se limitant est difficile. Le problème ? Les écrans et internet agissent comme des drogues. Et plus nous commençons à un jeune âge, plus la dépendance est forte. Les futures générations, nées au milieu d'écrans et de haut débit sont déjà dépendantes avant l'âge de 10 ans. Aurons-nous le recul nécessaire pour amorcer une limitation des écrans et d'internet ? Surtout chez les jeunes ? Devrait-on inventer la journée sans écran ? Sans internet ? Afin de se ré-ancrer dans la vraie vie, comme dans Ready Player One ?

Bref, je vais renvoyer ce MBP 2018, et attendre qu'Apple sorte —enfin— un combiné Macbook + iPad pro (ou me le fabriquer grâce à LunaDisplay), ou rêver qu'iOS 13 + l'iPad pro IV satisfassent mes envies de nomadisme et liberté en ne gardant que l'iPad pro ?
Je peux aussi éliminer les écrans de ma vie : revenir au papier et à la machine à écrire sans Cmd+Z. Très éloigné de la voie du milieu, mais certainement tellement mieux pour le développement personnel et même sociétal. Pour la nature. Pour la santé. Pour la vie.

Rencontre du cerf sacré

Courir pieds nus en forêt fait un bien fou.
 Mais n’est-ce pas sans danger ?

Et si l’on rencontrait un gros animal effrayant ? Parviendrait-on à s’en sortir ?

Cette nouvelle est issue d'un scénario BD romancé qui devrait paraître dans un fanzine collectif.
A LIRE aussi en PDF.

Cette nouvelle existe en BD : › lire les 8 pages BD de La rencontre du cerf sacré

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Purée… ça fait un bien fou. Et cette sensation d’euphorie indescriptible m’envahit à chaque fois que je mets un pied en forêt : un sourire automatique se dessine jusqu’à mes oreilles. Instantanément. Je me dis parfois que la magie ne va pas opérer, mais si : forêt = smile.
Quelle peut en être l’origine ? Est-ce le fait d’être pieds nus ? Impossible : je bosse pieds nus. Et c’est clair que je n’ai pas toujours le smile au boulot. D’ailleurs, mes assistantes au studio manga mettent toujours un certains temps à s’habituer à mes habitudes “vestimentaires”, et ce d’autant plus quand les rigueurs humides de l’hiver s’installent.
Si ça n’est pas le bare-footing, ça doit sûrement venir de la forêt en elle-même. Ou du contact avec la terre : un ré-équilibrage énergétique semble s’amorcer dès la première seconde entre la plante de mes pieds et l’humus. Un sol brut. Naturel. Pas comme ce carrelage froid et encore moins cet ignoble goudron, cancer de pus noir sorti du tréfonds de la planète. Non, simplement de la terre argileuse contre mes pieds nus.
D’ailleurs, cette sensation de bien-être se transforme littéralement en extase quand le sol est boueux : la sensation est exquise quand cette main minérale me masse la plante des pieds et passe ses doigts de velours en remontant entre mes orteils… Ahhh… Rien que d’y penser…
Nul doute que mon stress s’échappe par cette voie naturelle : celle des pieds nus au contact de la boue. Mais aujourd’hui, le sol est assez sec, déshydraté par plusieurs semaines d’un été indien très agréable dans nos forêts habituellement sombres et humides. La magie opère néanmoins, et puis… je trouverai bien une flaque de boue rafraîchissante !
Quelques foulées plus loin, les effluves des fleurs et des arbres remplissent mes narines grandes ouvertes, avant de serpenter jusqu’au fond de mes alvéoles, prémices à un bien-être global : la sylvothérapie a le vent en poupe en ce moment, comme si cet abruti d’Humain comprenait seulement maintenant qu’il n’est qu’un vulgaire Primate, fait pour vivre nu au sein des forêts tropicales. Et certainement pas dans de froides mégalopoles bétonnées, bruyantes et débordant d’ondes en tout genre…
En général, j’ai ma dose de nature pour toute la semaine quand je cours comme ça le dimanche après-midi. Un rendez-vous avec moi-même que je ne peux pas me permettre de louper, au risque de passer la semaine à broyer du noir en soupirant sans cesse, à pester contre les deadlines, les retards, la pression existentielle. Pffff… Des fois, je me demande si je ne devrais pas “juste” écrire des scénarios, au lieu de toujours tout vouloir faire toute seule, ou presque. Bon, heureusement que mes assistantes sont là, quand même, pour me soulager des aplats de noirs, et poser ces trames de gris en plastique mortel. Bref…
Après quelques minutes seulement, la sensation de transe me submerge : mon corps s’allège et mon cerveau hyperactif se vide comme une vieille chaussette qu’on essorerait. Les endorphines envahissent la moindre parcelle de mon anatomie. Finalement, le véritable opium du peuple n’est-il pas celui-ci ? Des opiacés naturellement produits… par nos propres cellules ! Pas besoin de saké, ni de fumer un de ces pétards débilitants et encore moins de se triturer des veines pourrissantes pour s’injecter un liquide mortel, ou de se gaver de pilules addictives mais légales, aux effets secondaires délétères… Non, rien de tout ça : juste courir. Pieds nus. En forêt. Et le moral repart.
Envolé le stress de la journée, et même de la semaine. Envolés les souvenirs cauchemardesques d’un passé trop présent et pourrissant un futur inexistant. Juste courir. Pieds nus. En forêt. De toute façon, en courant au naturel, on ne peut être que dans le présent, en pleine conscience, sans quoi les épines de ronces, racines et autres cailloux pointus nous rappellent à l’ordre, sans parler des châtaignes… Ça ne loupe jamais : une seconde d’inatt… POW !

Merde… C’était quoi ça ? POW ! Fuck me. La chaleur de ces dernières semaines m’avait fait oublier que nous sommes déjà fin septembre : la chasse est belle et bien ouverte. Fait chier : quand c’est pas ces motos-cross ou ces quads de merde, c’est les chasseurs qui tuent cette douce harmonie musicale des oiseaux et autres insectes. Ouais… Un silence de mort a envahit les bois…
Et c’est pas mes pieds nus, adaptés à des années de bare-footing, et amortissant la moindre foulée, qui laisseraient échapper un bruit, contrairement à leurs baskets technico-commerciales inutiles. Et comme à chaque fois que je croise des gâchettes faciles, la peur d’une balle perdue m’envahit d’un coup, alors qu’un frisson glacial parcourt ma peau suante.
Consciente de cette possibilité d’être prise pour cible par un aveugle du troisième âge ou un jeune abruti bourré d’adrénaline — à défaut d’autre chose — je porte toujours mon petit body rouge vif quand je vais courir en forêt. En plus de laisser une certaine liberté de mouvement à mes petits seins dodus et donc d’augmenter la sensation de courir nue, il devrait éviter, j’espère, à tout chasseur doté d’une parcelle de conscience, de me confondre avec une biche en chaleurs, un sanglier, ou n’importe quel autre bifteck sur pattes. Mon shorty aussi est rouge vif. C’est pas aussi fluo que leurs gilets oranges, mais au moins autant que les colliers de leurs clebs pleins de bave qui, même équipés de clochettes, se font plomber de temps en temps.
POW !… Ça vient de ma droite. “Non mais, c’est qu’ils se rapprochent ces abrutis !!”, criai-je dans leur direction en tournant la tête, dans l’espoir de me faire entendre.

Cette nano-seconde d’inattention suffit pour que mon pied glisse sur de la boue ou je ne sais quoi. Une intense douleur explose ma cheville droite. Le reste n’est que tournoiements et roulés-boulés dans une pente raide et feuillue, dévalant entre les arbres, jusqu’à un ruisseau saumâtre dont la fraîcheur me glaça le sang. FUCK. J’ai bien besoin de ça tiens.
Une rapide manipulation de mes mains me soulage : aucun doigt de cassé, sans quoi, adieu le manga ! Mais ma cheville, elle, me tiraille : mon pied est recouvert de sang… Un rapide nettoyage dans l’eau anormalement fraîche ne montre aucune coupure : sans doute le reste de l’animal mort sur lequel j’ai glissé en haut de cette colline. N’empêche, j’ai dû me fouler la cheville.
Soudain, mon cerveau se met en mode survie et mon mental se tait : au delà de l’odeur de pourriture et de décomposition des eaux stagnantes, plane un relent bien plus pénétrant et âcre : celui sans doute d’un horrible animal errant, dégageant une odeur  encore plus insoutenable que celle des chiens crevés sur le bord des routes de nos vacances d’été. Ceux-là même qui, gonflant en plein soleil, finissent par se déchirer en libérant une armée d’asticots grouillants…
Je n’ose détourner le regard de ma cheville bleuissante, alors que mes sens en alerte répètent sans cesse la même réplique : cette lourde puanteur transpire la mort fraîche… C’est bien une odeur de sang chaud qui envahit l’air ambiant, comme des miasmes nauséabonds que je ne peux respirer.
Bouge !!” me hurle mon cerveau paniqué. Tout en massant doucement ma cheville endolorie pour occuper mon stress, j’essaie de déglutir sans y parvenir, et relève lentement la tête, apercevant à moins d’un mètre de moi deux longues pattes noires et poilues plantées au sol comme des piquets, et qui soutiennent une énorme masse noire.

Un temps interminable s’écoule avant que je ne réussisse à distinguer une grosse tête oblongue, qui semble surmontée de deux grandes racines blanchâtres aux ramifications infinies et pointues.
Pas un souffle… Mon corps pétrifié ne veut plus bouger d’un poil, pas même respirer, figeant ma figure dans un rictus de terreur totale. Les battements de mon cœur surexcité martèlent mes tympans comme le bruit sourd de multiples tambours collés à mes oreilles. C’est alors que ce monstre poilu exhale un nuage de brouillard chaud et pestilentiel qui me fait grimacer de plus belle.
A travers cette brume bleuâtre et irrespirable, deux billes d’un jaune vif étincelant brillent de mille feux : son regard, d’abord noir et d’où émerge une étincelle de folie, s’apaise à son deuxième souffle, et n’est bientôt plus que vagues émergentes.
Je réussis à respirer à nouveau face à ce sombre géant des forêts, pour sentir sur ma peau moite un courant d’air glacial qui hérisse mes poils de bras.

La chose, enracinée là tel un arbre centenaire, halète péniblement, comme un mourant attendant sa dernière heure dans un lit d’hôpital. Seul. Mais habité par la bravoure de défier une dernière fois la mort.
Sortir de cette torpeur me demande un effort colossal : quand je peux enfin bouger, lentement, la douleur dans ma cheville se réveille, confirmant que tout cela n’est pas un cauchemar. Les genoux ancrés dans la boue, je tends finalement un bras hésitant et tremblant, chargé de la meilleure volonté et du peu de calme dont je suis alors capable.
Mes doigts touchent, puis grattent les poils de sa barbe dégoulinante de sang chaud auquel sont mêlés des caillots qui s’échappent de sa bouche et de ses énormes narines au gré de ses expirations. Je réussis ensuite à me lever, décollant mes genoux ankylosés de la boue froide.
Tandis que je longe son cou par la droite en gardant un oeil sur sa tête, le noir mastodonte me fixe soudainement. Je suis paralysée par la peur. Sans pouvoir lâcher son regard hypnotique, mon visage se charge d’un sourire crispé et désespéré et mon corps pivote lentement, avant de reculer, centimètre par centimètre, tout en caressant son torse d’une main droite ensanglantée.
Je m’éloigne enfin de cette tête énorme quand je sens sous mes pieds une substance chaude et gélatineuse. Je m’arrête à nouveau, mes yeux rivés dans le sien, avant de détourner le regard sur son torse, dont les poils noirs suants et fumants laissent transparaitre une zone de peau glabre impactée d’un trou noir béant et d’où coulent des amas de sang pâteux… sur mes pieds. Merde…
Le temps disparait. Il peut bien s’écouler dix secondes comme dix minutes, pendant lesquelles je demeure là, bouche bée, adossée à cet animal de malheur, comme obnubilée par ce trou noir et sanglant.

Je ne peux finalement m’empêcher de poser ma main gauche sur la plaie dégoulinante, comme pour la cacher, ou simplement ne plus voir ce flot intermittent de sang qui sort par magmas bouillants. Puis mon corps se relâche anormalement. Ma vision se trouble et devint noire comme si les poils de la bête envahissaient tout l’espace. Je me laisse submerger et emporter, en proie à une étrange légèreté…

Ce noir charbonneux laisse place à un blanc éblouissant. Après quelques temps d’accommodation oculaire, je peux enfin distinguer des formes, sentir des matières sous mes doigts : du tissu… une peau glabre… un tuyau en plastique attaché le long des veines noires d’un bras… squelettique. Des odeurs chimiques, alcooliques et javellisées intensifient la sensation de stérilité de cette pièce baignée d’une forte lumière artificielle.

Je suis dans une chambre d’hôpital, dont le silence n’est perturbé que par les bips répétitifs des machines électroniques de mesure. J’ai 7 ans, affalée de tout mon long dans le lit… de ma mère. Quand je lève les yeux, elle me regarde avec un sourire découvrant des dents cadavériques. Ses yeux lointains et jaunâtres, maquillés d’un sombre violet, dégagent un amour indestructible en même temps qu’une profonde lassitude de vivre.
Ses doigts arachnides m’agrippent en me serrant contre elle comme si elle devait y mettre ses dernières forces. Ses lèvres froides déposent un tendre baiser sur mon front en retenant un sanglot chaud.
Je m’envole soudain dans les airs : des bras sont en train de m’enlever. Je crie, râle et pleure en me débattant dans un élan de refus inaudibles. Au loin, les yeux de ma mère, comme des trous béants, laissent échapper deux grosses larmes rouges, telles des tiges de roses fanées cherchant racine dans ce paysage desséché.
Elle baisse la tête dans un soupir entendu, serrant contre elle ma peluche de cerf dont j’avais oublié l’existence. Noir.

Un noir tourbillonnant m’envahit à nouveau tandis que je reprends possession de mon corps. Mon bras gauche se consume, de l’épaule au bout de mes doigts crispés sur une sorte de petit caillou fuyant au sein d’un gluant magma biologique.
Quand j’ouvre les yeux, mon bras gauche a entièrement disparu dans le torse de l’animal, au niveau du trou de la plaie. “Je… euh… je suis… désolée…” bafouillai-je comme une gamine, arrivant à peine à surpasser les râles graves et vibrants de l’imposante bête noire. Complètement paniquée, je réussis néanmoins à retirer mon bras lentement, par à-coups, m’arrêtant à chaque plainte de l’animal, semblable à des échos résonant dans cette cuvette végétale moite où la lumière commence franchement à décliner.
Ma main droite recouvre aussitôt le trou rougeâtre et béant, alors que la bête soupire bruyamment et longuement, baissant son échine tremblotante et fumante comme si elle brûlait de l’intérieur dans cet air frais et gorgé d’eau.

Mon bras gauche, affublé de son long gant rouge de dentelle visqueuse, tremble sous des spirales de vapeur. Je réussis à plier le coude, inspectant alors cette bille de métal rougeoyante au bout de mes doigts, comme un ovni du passé hypnotique, et la laisse tomber au sol entre mes pieds qui baignent à présent dans une mare de sang chaud.
Étrangement, la plaie s’arrête de saigner très rapidement, et paraît même se refermer un peu. Le grand cerf me fixe, émet un petit râle bref, comme s’il voulait me parler. Instinctivement, je m’approche et pose mon front contre le sien : passée la première impression chaude et collante des poils hirsutes et puant le musc, mon front semble fusionner avec le sein, et s’ouvrir à des millénaires d’histoires, que j’absorbe en quelques secondes, tremblant telle une chamane luttant contre la possession d’un esprit trop gros pour elle.

Quand je relève la tête, des aboiements me parviennent aux oreilles. Proches. Trop proches. Fronçant les sourcils dans une résignation totale, je me peins rapidement quatre bandes rouges sur le visage, laissant glisser mes doigts dans un geste impulsif mais précis. Le massacre annoncé n’aura pas lieu aujourd’hui, pensai-je.
J’enjambe le ruisseau écarlate, remonte en courant la petite colline, en direction des chiens, habitée d’une énergie surnaturelle dont je ne me sentais plus capable. Puis je me mets à courir bruyamment mais de toutes mes forces. Sautillant, à droite, à gauche, gambadant comme une biche aguerrie, sautant par dessus les obstacles comme si je connaissais cette forêt sur le bout des orteils, prenant soin de laisser des traces de sang sur l’écorce des arbres, et au sol : les canidés ne doivent pas hésiter un seul instant.
Et c’est d’ailleurs très rapidement, malgré cette envolée fantastique, que les chiens assoiffés de folie se rapprochent, alors que les ronces lacèrent mes jambes, ma taille et bientôt mes bras. Les branches retiennent mes cheveux emmêlés et déchirent mes vêtements, que j’arrache finalement d’un mouvement brutal. Je dois le sauver, pensai-je dans ma course effrénée, gesticulant nue comme un gibier pris au piège. Il ne doivent pas me voir, suppliai-je en me roulant avec précipitation dans une mare de boue providentielle.
Allez !! Je peux les semer ! Je peux le faire ! Je vais y arriv… POW ! Merde, c’est pas passé loin !! Vite !! Je devrais peut-être POW !! Aïe. Qu’est-ce qu… Trou noir

Deux chasseurs livides planent silencieusement au dessus de moi, dont les gueules suantes et déformées sont tiraillées entre effarement et perplexité, sans doute en proie à l’ineffable et terrible réalité qui s’impose à eux. Trou noir…
Des chiens virevoltent sans aucun bruit dans les airs, désarticulés… Trou noir… Silence de mort… J’aimerais tant dire quelque chose. Fuir cet instant. Mais mon corps, que je ne distingue même pas, ne réponds plus.
Les bois immaculés du cerf noir traversent l’espace, puis de part en part, transpercent le plus gros des chasseurs… Trou noirFlashs lumineux.

La scène qui suit est encore plus étrange : elle semble me parvenir à travers un épais liquide mouvant et translucide. La réalité fuyante est devenue laiteuse et impalpable, de même que la perception de mon corps. Du moins de ce corps informe que je devine au loin. Le cerf s’approche de lui. De cette poupée disloquée et mise à nue, abandonnée au sol et camouflée de rouge et de terre sienne. Le gros animal se penche, lui parle… Oh ! Je… mon… corps…il bouge !
Le petit torse flasque et frêle se soulève et flotte littéralement dans les airs, sous la poussée de plantes aux tiges tentaculaires. La masse noire se rapproche encore, comme pour l’embrasser, et au lieu de ça, régurgite une sorte de lumière visqueuse qui s’écoule directement dans la petite bouche grande ouverte… En un éclair, je me sens aspirée par mon corps et me relève dans une bruyante inspiration, douloureusement réincarnée.

Après une quinte de toux sanguinolente et quelques haletantes bouffées d’air frais, je porte spontanément ma main sous mon sein gauche : une douleur diffuse s’estompe en même temps que je découvre et triture de longs poils noirs regroupés sur une sorte d’épaisse cicatrice molle.
Mes doigts, presque transparents, semblent habités par un courant lumineux azur, et me paraissent anormalement fins et agiles.

Le cerf, qui titube à mes cotés, a l’air aussi apaisé qu’épuisé. Il s’approche, et me lèche longuement avec sa large langue râpeuse et brûlante avant de m’aider à me relever. Puis sa tête poilue me pousse avec tendresse et fermeté vers son torse cicatrisé. Son mufle baveux se pose sous mon entrejambe et me lève d’un coup, comme une invitation à enjamber son dos poilu, ce que j’accepte volontiers, m’étalant aussitôt sur ce tapis animal en épousant le moindre de ses muscles suintants, entre des volutes protectrices de vapeurs musquées.
En enserrant son abdomen avec mes jambes, mes orteils boueux et sanguinolents touchent involontairement son membre en érection, le surprenant dans un petit râle de contentement qui laisse place à des soupirs étouffés au fur et à mesure de mes caresses langoureuses.
A demi consciente, mes doigts encore rougis effleurent mes lèvres, et s’engouffrent dans ce trou noir, goûtant enfin la véritable puissance de ce sang boueux. Je me surprends ensuite à lécher avidement chacun de mes doigts, me délectant de cette force vitale encore chaude, mélange d’une nature bestiale et magique, avant de m’agripper à nouveau : le voyage peut commencer.

Lettres - William S. Burroughs

Je viens de finir le livre "Lettres" de William Seward Burroughs, et je l'ai littéralement dévoré ! Ce livre est génial, à plus d'un titre…

Une plongée dans l'intimité de William Burroughs et de la Beat generation

Tout d'abord je suis un fan de Burroughs. Dans sa totalité, avec ses penchants de mauvais garçon héroïnomane et pédéraste etc. En lisant les lettres qu'il écrivait à Allen Ginsberg et Jack Kerouac, c'est donc dans son intimité mais aussi dans son cerveau que nous pénétrons, et par là dans l'intimité des écrivains de la Beat generation. C'est vraiment une autre époque, et on traverse la vie de Will. Burroughs, ses déboires, sa désillusion du Mexique (notamment après qu'il ait tué par accident sa femme Joan), ses voyages à Tanger, aux Pays-bas et finalement en France et à Londres. Déjà rien que ça, ce voyage perpétuel, ça me fait rêver. Bon, OK, on y apprend aussi qu'il en a marre au bout d'un moment de trimbaler ses valises (je me demande d'ailleurs combien il en avait), de devoir vendre puis retrouver une machine à écrire (pour payer sa drogue le plus souvent)…

L'acte d'écrire

Bref, on se mets à sa place en lisant ce livre, et on comprend ainsi mieux toute sa vie et ses créations, les déboires également avec les éditeurs, les difficultés à se faire éditer, les corrections etc…

A un moment, Burroughs écrit à Ginsberg qu'au final, le roman, c'est peut-être les lettres qu'il est en train de lui écrire, lui priant du coup de les garder précieusement. Par la suite, on voit qu'il se laisse un peu aller à l'écriture de partie de roman directement dans les letters, des parties qui seront reprises dans Les Lettres du Yage et dans Le festin nu. On comprend alors comment s'écrit un bouquin… enfin, commentBurroughs écrit un bouquin : par bribes, sous effets de drogues diverses et variées ou en étant totalement "clean" (seule une période après une cure à l'apomorphine du Dr. John Dent à Londres semble l'avoir laissé clean pour quelques mois). On comprend l'influence qu'a sa propre vie, et ses péripéties dues à son coté junky et homosexuel, comment les pays qu'ils traversent l'inspirent et posent un contexte à travers leurs cultures, leurs habitants, le climat, la facilité ou non de trouver de la dope ou des "garçons"…

William Burroughs, le chamane

Dans une interview ("William BURROUGHS – Un siècle d'écrivains : 1914-1997"), Burroughs disait qu'il n'y a pas de génie :

L'écrivain est sûrement une antenne qui s'accorde sur certains courants. Il n'est pas un génie. Il ne possède pas de génie. Il est possédé par le génie.

 

Documentaire William BURROUGHS – Un siècle d'écrivains : 1914-1997

C'est tout à fait la définition de Moebius qui disait se mettre en transe légère et dessinait alors en mode connecté quand il était dans la peau de Moebius, sans savoir souvent comment allait finir son dessin.

Quand on comprend qu'il a été toute sa vie ou presque sous l'effet de drogues, que ce soit de l'héroïne ou ses dérivés et substitutifs, qu'il est allé à la recherche du Yage (lire Les Lettres du Yage), autrement dit l'Ayahuasca, et ce dans les années 50, il est plus que probable que Burroughs ait été "connecté" à un génie ou à d'autres mondes plus qu'il ne l'aurait voulu lui-même, tant on comprend à travers ses lettres que la dope l'épuise et qu'il voudrait si souvent "ne plus rien avoir affaire avec la came".

Bien sûr, William B. n'était pas un chamane dans le sens guérisseur du terme, mais dans le sens voyageur chamanique, connexion avec les esprits ou le génie, appelez ça comme vous voulez.

Lettres : le pitch

Cette correspondance de Burroughs suit les grandes étapes de la relation unique qu'il entretenait avec Allen Ginsberg. Elle révèle la compréhension progressive de la vraie nature de son travail : son évolution inouïe de la narration à l'anti-narration, de Junky au Festin nu, en passant par la découverte du cut-up. Elles le dévoilent autant lui-même que ses amis Kerouac, Cassady ou encore Ginsberg composant Howl. Burroughs se révèle aussi prolifique dans la critique de la situation politique de son temps que de ses propres futurs biographes. C'est pourtant bien parce qu'il vit son art que ces lettres sont si exceptionnelles. " Peut-être que le véritable roman, c'est ces lettres que je t'écris ", confessait-il à Ginsberg. Point de repère pour le Burroughs paria, work-in-progress pour le Burroughs écrivain, ces lettres nous permettent d'expérimenter une fusion unique entre la vie et les lettres, l'extraordinaire histoire vraie de cet écrivain hors du commun.

En pratique :

Écrire aide à trouver le bonheur

Écrire fait un bien fou comme je le disais sur mon précédent billet de blog Nomadisme en airstream ?, et c'est vrai ! Pourquoi ? Comment ?

Le journal intime d'adolescent.e

Quand on est adolescent, on se voit parfois offrir un journal intime, où l'on met tous nos secrets, que les parents rêveront ou pas de lire un jour. Anne Franck, jeune fille juive allemande exilée aux Pays-Bas, en a écrit un lorsqu'elle se cachait à Amsterdam, pendant deux ans, avec sa famille et quatre amis, au cours de l'occupation des Pays-Bas par l'Allemagne nazie. Mais bon en général les journaux intimes sont bien plus superficiels… quoique ?

De l'introspection quotidienne à l'auto-psychanalyse

En effet, quand on couche ses journées sur son journal intime, on a beau être adolescent ou adulte (qui, rappelons, ne sont que de grands enfants), on parle quand même d'émotions intimes, de ressentis face à la vie, aux situations du quotidien, aux changements de la puberté, des envies sexuelles ou pas etc. Et on plonge donc dans notre quotidien… intérieur ! Un peu comme une auto-psychanalyse ! Alors certes, cette analyse de nous-même et de nos comportements peut être superficielle au début mais si l'on continue, on va finir par vraiment comprendre comment on marche, et comment marche également nos semblables.

On arrive petit à petite à prendre du recul sur notre vie, nos agissements, et surtout, on se décharge de nos peurs, de nos angoisses et de tout ce qui ne va pas et ne tourne pas rond dans notre petit monde…

Écrire déstresse

Certain.es écrivent tous les jours, d'autres écrivent seulement quand ça ne va pas, quand on bloque sur les épreuves de la vie. Souvent on ne comprends même pas le problème, pourquoi on est dans le creux de la vague, et pourquoi la moindre petite épreuve devient un tsunami ; mais bon là c'est quand on est déjà bien bas, et c'est le signe qu'il nous faut : écrire ! Écrire pour aller mieux ! Pour déstresser !

Comment ça marche ? Noircir le papier pour s'éclaircir l'âme

C'est un peu comme ça que ça marche ! On prend du recul sur soi-même et sa situation personnelle en écrivant, on se décharge des mauvaises vibrations, des ressentis, et de notre colère (même si on peut écrire que tout va bien, mais selon moi, l'utilité d'un blog et de l'écriture en général, et le sujet de ce billet de blog, ne sont pas là).

Une fois libéré.e de cette colère, on a exprimé sans s'en rendre compte le ou les problème(s) du jour : on a donc mis le doigt là où ça fait mal. Il faut ensuite savoir développer le problème en tirant sur le fil de la compréhension pour dérouler le souci comme une pelote de laine. Prenons-le comme un jeu, et en jeune chaton que nous sommes devenu.e, déroulons le fil des causes et effets en nous posant la question…

Pourquoi ? La question sans fin…

Et cette question, il faut se la poser jusqu'à ce qu'on arrive à une conclusion sans autres pourquoi ; on est arrivé au bout du fil… Autrement dit, on se demande : quelle peut être la(es) cause(s) de ceci ?

Par exemple imaginé : je suis énervé.e… Pourquoi ? Parce que je n'arrive pas à écrire ce billet de blog…  Pourquoi ? Parce que je ne me suis pas assez documenté… Pourquoi ? Parce que je suis flemmard ou que je n'ai pas le temps…  Pourquoi ? Parce que j'ai plein de trucs à faire…  Pourquoi ? Parce que je me suis fixé des objectifs inatteignables…  Pourquoi ? Parce que j'ai peur de mourir sans avoir rien laissé derrière moi… Pourquoi ? Parce que j'ai un ego surdimensionné qui me fait croire que je suis meilleur.e et que ce que j'ai à offrir au monde vaut plus que ce que les autres ont à offrir… Pourquoi ? Parce que c'est la propre de l'humain ? Parce que je ne travaille plus assez mon développement personnel ? etc.

On semble donc arrivé au bout du fil, et surtout, on a trouvé un axe de réponse à notre problème, un début de… solution !

Trouver les solutions au(x) problème(s)

Car c'est bien là le principe de l'écriture, de l'introspection, de l'auto-psychanalyse et du développement personnel : trouver des solutions à nos problèmes, et agir = les mettre en action ! En effet, une fois que l'on a navigué sur la rivière de nos problèmes et qu'on est remonté à leur source, on peut mettre en place des solutions… et un plan d'action pour les appliquer !

Par exemple : je dois donc pour remédier à mon souci d'ego démesuré (ah ah ah n'importe quoi, hein !) en prenant conscience que je ne suis pas meilleur.e que les autres, que la mort fait partie de la vie et l'exalte (enfin normalement) davantage qu'elle ne la presse comme un citron. Je dois travailler aussi je le sais sur mon stress et ses multiples origines, de mon alimentation à mes sources de revenus en passant par mon sommeil…

Mettre en place un plan d'action

Et ce, toujours en écrivant dans son journal, après la série des pourquoi, voici venue la liste des comment ? Comment mettre en place les solutions trouvées ? En général je me fais une TO DO LIST (liste à faire) encadrée, puisque c'est l'aboutissement de notre écriture réflexive, avec des points simples, en reprenant un peu mes notes si nécessaire. Il peut être ensuite utile ou pas de revoir cette todo-list, mais une fois la réflexion terminée et les solutions écrites et comprises, l'inconscient fera sa part du boulot.

Le journal intime moderne : blog et Cie

Bien sûr, il peut sembler ringard de tenir un journal intime en papier aujourd'hui, mais beaucoup moins un sketchbook, ou un journal de réflexion, voire un blog, mais ce n'est pas différent ! Il peut y avoir effectivement des blogs professionnels sur des sujets aussi pompeux que "sommes nous-seul.es dans l'univers ?", mais ne nous leurrons pas, notre facebook est déjà un journal intime… et parfois trop ! Bon, c'est vrai, le seul problème est qu'il s'arrête souvent à l'exposition d'un problème ou d'un coup de gueule, sans la réflexion et la mise en place des solutions.

Attention : éviter les suppositions

Quand on écrit un journal intime, c'est en général très personnel, même si l'on peut parler des autres, mieux vaut ne s'en prendre qu'à soi et éviter les suppositions sur autrui, car c'est la meilleure solution pour se mettre le doigt dans l'oeil, et donner aux autres des émotions et intentions qu'ils n'ont peut-être pas.
Le journal intime ou journal de développement personnel est donc… personnel ! J'y détaille ma vision de ma vie et de mes problèmes, et avec ma réflexion et mon propre système de pensée je vais mettre en place mes propres solutions que je m'imposerai à moi seul.e. Inutile et contre-constructif d'imposer ses solutions à autrui, le but est de se changer soi-même et pas d'essayer de changer les autres…

Et le bonheur dans tout ça ?

Eh bien CQFD : rien que le fait de coucher ses mauvaises vibes sur le papier, on s'éclaircit l'âme, mais bien plus encore si l'on pousse la réflexion, c'est littéralement l'accès au changement positif que l'on se donne, avec des clés (les solutions) qui nous ouvriront les cadenas de la vie. Les mêmes problèmes reviendront au fur et à mesure de l'écriture, jusqu'à diminuer et disparaître (laissant place à d'autres soucis certes), preuve qu'on les a réglé et qu'on a évolué positivement sur le chemin de la vie… Une vie où les malheurs sont relatifs, où les problèmes ne sont pas insurmontables et surtout pas incompréhensibles, une vie où nous sommes devenus actifs et non passifs, en regardant à l'intérieur de notre âme, en méditant et en agissant !

Je vous souhaite une bonne écriture réflexive !

Lire des journaux intimes célèbres

  • Le Journal d'Anne Frank - Anne Franck
  • Le Journal secret de Laura Palmer (du feuilleton Twin Peaks) - Jennifer Lynch - Presses Pocket, 1991

Amazing #4 -

Publication de "Prophet.e", nouvelle illustrée du projet Jésusa dans la revue Amazing #4,  Café Creed édition.

Prophet.e remet en cause la machisme ambiant des religions qui veulent toutes que le prophète soit un homme barbu. Ne pourrait-iel pas être un poil plus efféminé.e ?

Amazing, la revue mi-Pulp mi-Pop, explore le genre au fil de projets entremêlant images et textes. Le thème "Mauvais genre" a inspiré des narrations graphiques autour  de L'oppression genrée / Affirmation gender fluid / Hermaphrodite original.e./ Identité Queer / Patriarcat drogué / Menstrues honteuses / Libération transgenre / Fragile mâle / Inclusion Linguistique / Avatar non binaire
Amazing #4

Sasabudi recherche éditeur

Sasabudi recherche des éditeur.trices intéressé.es par cette extra-ordinaire épopée de 365 jours. Tout est dans le dossier !

Sasabudi me manque à présent, car c’était aussi un moyen d’aller de l’avant, de produire tous les jours… Tout créateur devrait faire son Sasabudi, comme un moyen d’évoluer, de casser ses automatismes, de prendre du recul et de se faire du bien en s’exprimant quand on en a besoin et même avant d’en avoir besoin.
Sasabudi est catharsis.

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