Back to top

FatBike : avant

J'ai trop envie de me remettre au VTT. J'avais failli m'y remettre en achetant un VTT de descente en 2007. Bilan = radius cassé 10 jours avant de partir en Inde en 2008. Mais cette fois-ci, c'est différent: je vais choper un Fatbike ! Objectif = détendu du string et bikepacking... Mais avant de détailler le pourquoi du comment, un petit retour sur pas loin de 30 ans de VTT s'imposait...

Ayant passé ma jeunesse en Franche Comté, avec ses collines verdoyantes, il était normal que je devienne un natjunk, un nature junky, un accro au vert -comprenez à la forêt.

Et cela s'est fait par le biais du VTT; je me rappelle très bien de mon premier VTT, une demande de ma part à mes parents comme cadeau de première communion. C'est donc vers l'âge de 12 ans que je me suis élancé avec mon Peugeot jaune dégradé vert (et oui, les dégradés, c'était la mode à cette époque lointaine) de 15kg environ sur les routes et surtout les chemins de Franche Comté.
Puis c'est devenu une habitude : dimanche matin = VTT. Au bout d'un moment, ça pouvait aussi être dimanche matin = vélo de course, avec le Colnago racé chopé à mon grand frèro. J'ai toujours aimé rouler seul, tranquille, sans pression, détendu du gland... bref, à mon rythme. Rythme de ballade au début, puis petit à petit rythme de croisière et essais techniques au club qui n'en était pas vraiment un, avec Ben, mon ami d'enfance (connu à l'âge de 2 ou 3 ans). Mais je me faisais souvent lourdé lors de nos balades.
C'est sûr: il me fallait un autre VTT.

J'ai donc acheté un Proflex. Je me rappelle bien de cet achat, car il représentait une somme rondelette (2900 frcs, eh oui, désolé, on était encore au francs, soit 435€ environ) et me faisait entrer dans le monde du tout-suspendu, plein d'espoir de confort et de facilité lors de passages techniques. Bon, ce vélo était pas mal et je me souviens qu'à l'époque, je l'avais choisi parce qu'en plus d'être le seul VTT  tout-suspendu abordable et disponible autour de chez moi, il avait des suspensions élastomère = peu d'entretien et léger. Cool !

Je recherchais déjà un vélo simple d'utilisation et d'entretien

Puis c'est avec mon cousin que je me suis mis à rouler. Vu de l'extérieur, c'est vrai que l'on pouvait passer davantage de temps à graisser nos montures et à préparer nos expéditions autour de Salin-les-Bains que de vivre l'expédition elle-même... C'était le temps de la recherche qualité/prix, avant même de vraiment savoir ce que l'on voulait vraiment rider comme vélo. Et puis, il n'y avait pas autant de cases que maintenant où on ne s'y retrouve plus, entre les enduro, descente, X-country, all mountain... Un test du magazine spécialisé Vélo Vert a finit de me convaincre de m'acheter un Décathlon Rockrider 700, un hardtail comme on dit dans le jargon, uniquement suspendu à l'avant avec sa Mag21 de chez Rock Shox. Force est de constater que je n'avais pas dû être totalement conquis pas la suspension arrière... Mais je n'en avais tout simplement pas ou peu l'utilité en cross-country. Mon cousin et son père se sont chopé des modèles avec cadres aluminium, mais je pensais qu'ils étaient un peu tape-cul et donc à réserver au vélo TS (Tout Suspendu)...

Un cadre en acier Chromoly semble un bon compromis simplicité / confort / fiabilité.

Puis les passions pour l'image, le voyage, et le taf véto m'ont un peu éloigné de mes forêts et du VTT. En 2006, squattant à Oloron Sainte Marie, au pied des Pyrénées, j'y repense... Mais pas avec le Décathlon : ras le bol de ses freins V-brake d'un autre âge, de sa taille que j'avais pris en dessous de celle conseillée, pour avoir un vélo un poil plus léger et plus maniable, avec pour seul résultat de me retrouver avec une tige de selle démesurément sortie et une position "dans le guidon”. Je voulais absolument des freins à disques, des suspensions qui marchent : d'une part on devient assez vite flaimard et on finit par ne plus se servir de ses jambes pour amortir les réceptions; et d'autre part la Mag 21 était au bout du rouleau et necessitait de se faire regonfler avant chaque sortie... Bref, à Oloron Sainte Marie, près des montagnes pyrénéennes, je côtoyais des belles bêtes et j'ai donc jeté mon dévolu sur un Lapierre enduro 160. Enfin, disons que je l'ai essayé, puis j'ai essayé le Vario Kaktus d'un pote dans le même club DH (Down Hill = descente) que mon ami d'enfance, Benoît, en Franche Comté. Bon, j'ai hésité un peu. 1200 roros d'occasion. 160mm de débattement arrière, réglable à 150 ou 130. 170mm de débattement avant, sur cette (trop) lourde fourche double té avant. Vélo à peine trop petit pour mes 1m82, et surtout mon entrejambe de 88cm (non, ne rêvez pas les filles, je ne suis pas éléphant man). J'ai craqué.

Me voilà donc dans le club très ouvert des descendeurs / freerideur... à la mode du moment.

Bon, le Kaktus est joueur, ça freine (trop) bien, mais c'est lourd et ça pompe (surtout en montée, même avec les suspensions bloquées). Je m'amuse, mais je n'ai plus les petits coups d'accélération dans les singles track, et quand je décolle, je ne peut plus tourner le guidon autant que je le voudrais (cause double té). Quant au DH, c'est pas mal mais pas pour moi: ça speed trop, il faut remonter (en bagnole ou en télésiège/cabine)... Bref, ça consomme trop d'énergie, électrique, gasoil ou essence, corporelle, sans oublier le prix des forfaits remontées etc... Je m'y essaie quand même un peu plus sérieusement, lors d'une compétition à la planche des Belles filles, mais là, je me vautre lourdement... On n'aurait peut-être pas dû boire autant la veille. J'aurais... pas dû boire autant. Mais bon ce n'était pas non plus l'orgie. Un passage un peu technique, une succession de marches pas énormes, 4 ou 5 passages histoires de passer correct... sauf qu'au cinquième, je suis lessivé et je fais un tout droit dans un virage... et pour éviter un pote qui regardait, je plante les freins et donc aussi la roue avant et je m'écrase au sol, genre soleil dégénéré. Et c'est rigolo parce qu'avec le casque intégral je me suis laissé vraiment m'écraser au sol, tranquille quoi.

Sauf qu'entre-temps, mon poignet avait fait crac crac avec la piste de descente...

Pourquoi j'ai jamais appris à me réceptionner genre roulade à la Jackie Chan ?? La loose. Ça gonfle, ça fait un peu mal. La descente, c'est fini. Rangé, au fond du tiroir. Et c'est un peu ce traumatisme qui m'a fait arrêter le VTT de descente et du coup le VTT tout court. Enfin, si l'on peut considérer que j'aie jamais commencé le DH... Bref, ça et mon entorse cervicale avec le décathlon, exactement sur le même mode: une petite marche racine, je multiplie les passages pour gagner en vitesse et au 9eme si je me souviens bien, je fait crac crac avec le sol, sans réussir ni à amortir avec les mains, ni avec les pieds... Un pur soleil amorti juste avec les vertèbres cervicales... Heureusement mon casque a cassé et emmagasiné une partie du choc.

Si je n'avais pas eu de casque ou s'il n'avait pas pèté, je serais sans doute en fauteuil roulant ou à bouffer les pissenlits par la racine...

Bref, il est sans doute temps de se rendre compte que la vitesse, l'adrénaline et les passages à fond les ballons où on se chie littéralement dessus... ben c'est pas pour moi. D'autant plus qu'on n'a plus 20 piges. Tout ça, c'est fini. C'est pas pour autant qu'il faut se dire que le VTT c'est fini, et bien sûr qu'en pratiquant tous les jours, j'aurais sans doute la condition physique pour passer des marches de plus de deux mètres, mais c'est juste pas mon truc. Non. Mon truc, c'est définitivement le cross country, les chemins entre les arbres, dans la forêt, et pas les parcours cassant de moyenne et haute montagne. J'ai fait une fois la Mégavalanche, mais c'est pareil: cool mais stressant. Je ne fais pas du vélo pour stresser. Au contraire, j'en fais pour déstresser, et pour être au milieu de la nature, sur des chemins naturels, et pas façonné par l'homme. C'est exactement comme pour le snowboard. Je préfère le freeride, et pas le freestyle sur des jumps taillés au bulldozer... Et pas vraiment plus si c'est taillé à la pelle. Non. Je veux du naturel. De la nature avec un grand N. Et c'est là que prends connaissance, en Malaisie et en surfant sur le net, qu'une autre pratique existe...

​Le bikepacking me fait rêver... Merde, il me faut un autre bike... Il me faut un fatbike...

La suite au prochain billet pour un test fatbike !

up

Same same but… different